295ème RI


Insigne 295 RI

Casernement en 1914 : Bourges, dans le Cher

Affectation : 116ème Brigade d’Infanterie, 58ème Division d’Infanterie, 8ème Corps d’Armée, 1er Groupe de réserve


Le Régiment, sous les ordres du lieutenant-colonel PERRON, embarque en gare de Bourges (18) le 12 août (11ème jour de la mobilisation), à destination de Conflans-sur-Lanterne (70), sa base de concentration, via Nevers (58) – Montchanin (71) – Saint-Jean-de-Losne (21) – Gray (70).

Composition du régiment au jour du départ

13 et 14 août 1914

Après l’arrivée à Confans (70), le Régiment séjourne à Luxeuil-les-Bains (70) : E.M., 6ème Bataillon, 1 section de mitrailleuses, et à Froideconche (70) : 5ème Bataillon, 1 section de mitrailleuses.

15 au 24 août 1914

A peine une journée de repos et en marche vers le nord-est, sur le Chaillot. Les engagements sont possibles; on applique sérieusement le service de sûreté de marche et de stationnement, et les consignes d’alerte. L’armée d’alsace est placée sous les ordres du général PAU. Les déplacements, les nuits aux avant-postes, les travaux de défense, les patrouilles, les réquisitions vont se succéder. Après le Thillot (88), Husseren (Husseren-Wesserlin (68)), voici Thann (68), Cernay (68), Uffholtz (68) et bien d’autres. Le 295ème RI parcourt cette plaine de Cernay (68), si riche en souvenirs historiques. De nombreuses croix, surmontant les tertres révélateurs de combats meurtriers des premiers jours d’août en Haute- Alsace, apparaissent dans les champs dévastés, où gisent épars des débris de toutes sortes : effets et équipements, lacérés et maculés de sang, armes et munitions, chevaux morts en décomposition dégageant une odeur pestilentielle.
Sur le front Bollveiler-Pulvershein, Schonen-Steinbach, la 58ème Division assure la liaison entre le 7ème Corps, opérant sur Mulhouse et le détachement du général BATAILLE descendant par la vallée de la Fecht, sur Soultz (Soultz-Haut-Rhin (68)) et Guebwiller (68). A peine rencontre-t-on quelques patrouilleurs ennemis avec lesquels les avant-gardes échangent quelques coups de feu. A travers ces bourgades alsaciennes, c’est une marche triomphale.

25 août 1914

Les nouvelles de France et de Belgique ne parviennent pas jusqu’à nous, mais des indices de mauvais augure nous font craindre que notre succès ne soit qu’éphémère. Le retrait du 7ème Corps rappelé en France, provoque la dissolution de l’armée d’alsace : Cernay (68), Mulhouse (68) sont progressivement abandonnés. La 58ème Division d’Infanterie se borne à garder les débouchés sur la plaine de la Haute-Alsace en occupant les abords de Masevaux (68), de Vieux-Thann (68) et les hauteurs du Ballon d’Alsace (68), du Goldbach (Goldbach-Altenbach (68)), du Trehkopf (Fellering (68)), du Rothenbachkopf (Metzeral (68)), du Rainkopf (Metzeral (68)), du Kastelberg (Metzeral (68)), du Hohneck (La Bresse(88)) et jusqu’au col de la Schlucht (Le Valtin (88)), couvrant un front de plus de 30 kms. Le 5ème Bataillon du 295ème RI est au Ballon d’alsace, le 6ème couvre Thann (68). A partir de ce moment la mission est purement défensive; le régiment manifeste néanmoins son activité par des réquisitions en avant de nos lignes, des reconnaissances, des patrouilles au cours desquelles nous capturons quelques prisonniers. Des avant-postes lac des Corbeaux (88), à Cornimont (88), à la ferme du Ballon (Lepuix (68)), à l’hôtel Lalloz ou au chalet Bonaparte.

Ballon d'Alsace

5 et 6 septembre 1914

Le Bataillon se rend tout d’abord à Oderen (68), puis sur le Goldbach (68) pour une reconnaissance offensive sur Soultz (Soultz-Haut-Rhin (68)) et Guebwiller (68).

7 au 13 septembre 1914

Sur un contre ordre le Bataillon revient à Ventron (88) et y séjourne.

14 septembre 1914

Le Bataillon se rend au Rheinkopf (Metzeral (68)) et au Col de Bramont (La Bresse (68)). Il effectue ensuite des travaux et des reconnaissances.

30 septembre au 3 octobre 1914

Cantonnement à Cornimont (88).

4 octobre 1914

Le Bataillon est à Remiremont (88).

6 octobre 1914

Le Régiment quitte l’Alsace et embarque à Arches (88), en direction de Mézy (Mézy-Moulins (02)).

7 et 8 octobre 1914

De Mézy (02), le Régiment est dirigé sur Dompierre (60), non loin de Montdidier (80), via Pantin (93) et Creil (60). A l’arrivée, le 6ème Bataillon va cantonner à Courtemanche (80) et le 5ème au Mesnil-Saint-George (80).

9 au 13 octobre 1914

Par étapes forcées, tout le long de la ligne de bataille, il remonte vers le Nord. C’est la marche au canon, la course à la mer.

14 octobre 1914

La 58ème Division de réserve fait désormais partie du 10ème Corps d’Armée. Dès l’arrivée à Noeux-les-Mines (62), ordre est donné de relever une brigade anglaise. Le cantonnement d’alerte est fixé aux corons d’Annequin (62).

15 octobre 1914

Ordre d’attaque; coûte que coûte, il faut barrer la route de Béthune et interdire Calais. Placés tout d’abord en réserve de brigade et de division, les 5ème et 6ème Bataillons du 295ème RI furent particulièrement engagés devant Cambrin (62) et Auchy-lès-la-Bassée (Auchy-les-Mines 62).

17, 18 et 19 octobre 1914 – Combats de Cambrin, d’Auchy et de Givenchy-lès-La-Bassée (Pas-de-Calais)

Quelles dures, sanglantes mais glorieuses journées que celles-là! Comment en résumer tous les actes de sang-froid et bravoure! Qu’admirer le plus, de l’élan magnifique de ceux qui, au dire même de leurs chefs, marchèrent au feu comme à l’exercice, ou de l’impassible énergie de ces chefs, vrais entraîneurs d’hommes, restés debout, stoïques, sous la mitraille! Faut-il citer un commandant d’OULLENBOURG, bravant cent fois la mort, un commandant de BERCEGOL, se dépensant sans compter, un capitaine de BOYVEAU, tué en pleine action; est-ce que tous ne devraient pas être nommés ?
Au cours d’une de ces mémorables journées, le 18 octobre, le 6ème Bataillon força l’admiration de nos alliés anglais. Chargé d’attaquer, en liaison avec les troupes britanniques, devant Givenchy-lès-la-Bassée (62), sa droite appuyée au canal, il gagna sous le feu plus de mètres de terrain, et maintint ses positions avec une telle énergie, que sur le champ le général comte GLEICHEN, commandant la 15ème Brigade anglaise, adressait au lieutenant-colonel, pour la transmettre au général, la lettre suivante :

Et le général JOUBERT ajoutait :

Les jours qui suivront, ordre est donné de maintenir les positions dans les tranchées et de progresser sur l’ennemi. Chaque jour apporte son lot de tués, blessés et disparus.

27 octobre 1914

objet-fourragere-médaille-militaireLa Brigade entière méritait d’être citée à l’ordre de l’armée : « …Pour avoir résisté victorieusement aux attaques violentes et réitérées de l’ennemi, malgré des pertes considérables ».

29 octobre 1914

Le Général commandant de la 58ème DI félicite les troupes, mais indique en même temps que :

Pour ce faire, il recommande :
– De nuit, de jeter en avant de la 1ère tranchée des groupes d’hommes espacés et de gagner 30, 40 ou 50 mètres, de construire une nouvelle tranchée qui sera réunie de jour avec la tranchée arrière par des boyaux en zig-zag,
– De jour, de construire un cheminement en zig-zag, d’organiser la position conquise et de la couvrir de réseaux Brun.

Novembre-décembre 1914 – La guerre des tranchées

4 novembre 1914

Robert GONIN quitte ce jour-là la caserne d’Autun (71), où il était arrivé le 16 août. Après être passé par Etang-sur-Arroux (71) et Cercy-la-Tour (58), le train stationnera en gare de Nevers (58) Ie 5 novembre. Il sera au Bourget (93) le 6 novembre, pour arriver à sa destination, Annequin (62), le 8 novembre.
L’arrivée des soldats est signalée dans le Journal des Marches et opérations :

5 au 22 novembre 1914

La situation reste inchangée. Le Régiment conserve ses positions. La plupart du temps, l’effectif du Régiment reste intact et quand il y a perte, ce n’est guère plus qu’un ou deux hommes blessés ou tués à la fois.
Les journées sont rythmées par la relève des compagnies et par les citations :
A l’ordre de l’armée : le chef de bataillon d’OULLENBOURG, le capitaine ROCHE, le capitaine de BOYVEAU, le lieutenant de réserve RAFFRAY, le lieutenant de réserve HABAULT, le sous-lieutenant de réserve PIEUCHOT, l’adjudant-chef DUBREUIL, l’adjudant de réserve TOURATON, l’adjudant CHÉDOZEAU, le sergent CHICHERY, le sergent major GRANDAMAS, le soldat réserviste LIMIER ou encore le capitaine CHAUVEAU (7 novembre), le capitaine MARTIN (11 novembre), la 58ème Division de Réserve (12 novembre)

A l’ordre de la division : le soldat réserviste ROBIN (11 novembre), le lieutenant de réserve PETITFILS, le sergent LHUILLIER, le sergent MIZABRAN (19 novembre)
A l’ordre de la brigade : Eugène Anatole RAPINAT et Jacques Eugène GAUTRON, soldats de 2ème classe, le caporal Michel Eugène DUPEUX, le caporal PETIT (16 novembre)

23 novembre 1914

Le 5ème Bataillon, au repos à Annequin (62), reçoit l’ordre de se porter sur Givenchy (Givenchy-lès-Labassée (62)), pour renforcer la Brigade Anglaise et occuper les tranchées de réserve.

24 novembre 1914

La contre-attaque des Anglais ayant réussi, le Bataillon rentre à Annequin (62).

25 novembre 1914

Par ordre du 23 novembre, citations à l’ordre de la Brigade : l’adjudant Louis Marcel DAULNY, les soldats de 2ème classe PERSONNAT et COGNET.

26 et 27 novembre 1914

Le 5ème Bataillon en entier et la 1ère Section de mitrailleuses sont dans les tranchées. Le 6ème Bataillon est en cantonnement d’alerte dans les corons d’Annequin (62). La 2ème Section de mitrailleuses est sous les ordres du 295ème RI dans le secteur nord du canal. La CHR cantonne à Cambrin (62).

28 novembre 1914

Citations à l’ordre de l’Armée : le lieutenant de réserve de SAINT-ALBIN, les soldats ALAMAGNY, MARTIN et ROGER.

29 novembre 1914

Le 6ème Bataillon relève, dans les tranchées, un Bataillon du 141ème Territorial.

30 novembre 1914

Les 21ème et 24ème Compagnies du 6ème Bataillon relèvent, dans les tranchées, deux compagnies du 141ème Territorial.

1er décembre 1914

Les deux bataillons sont dans les tranchées dans le secteur compris entre la route nationale et la voie ferrée. La CHR est à Cambrin (62), au centre du village. Les deux Sections de mitrailleuses sont au repos à Sailly-Labourse (62).

2 décembre 1914

Situation sans changement.
Par ordre du 25 novembre, reçoivent la Médaille militaire : le sergent MONTIGNY, le soldat de 2ème classe François CAMILLE.
Par ordre du 2 décembre, sont cités à l’ordre de l’Armée : le sergent réserviste Henri Albert HARANG, le sergent Emile Lucien PEYNOT, les soldats de 2ème classe Léon Marcel NAVEAU et Pierre Adrien DUSSON, le soldat de 1ère classe Jacques Célestin VANNEREAU.

3 au 6 décembre 1914

Situation sans changement.

7 décembre 1914

Dans la nuit du 6 au 7 décembre, une modification importante s’est produite dans les positions occupées par l’ennemi. On signale un repli des forces ennemies devant Vermelles (62).

8 décembre 1914

Le Régiment opère dans le sous-secteur B. Les 3 sections de la 24ème Compagnie et le peloton de la 18ème Compagnie sont amenés de Maison-Rouge et placés en renfort derrière la première ligne pour l’occuper en cas de besoin. Le tir commence après 14 heures, mais les opérations s’avèrent trop difficiles à mener. Dans ces conditions, une attaque d’infanterie est impossible à déclencher avec chance de succès et sans risquer de très grosses pertes, les mitrailleuses ennemies (3) ouvrant le feu sur tout objectif qui se montrait à elles. De plus la batterie ennemie placée près du canal tire presque constamment sur le terrain, en avant de nos tranchées et sur nos tranchées mêmes. Il semble donc que cette tranchée allemande doive être très difficile à enlever sans une préparation très sérieuse de l’artillerie et tant que la batterie du canal ne sera pas réduite au silence.

Fantassins
Histoire Illustrée de la guerre de 1914 – Gabriel Hanotaux

Dans la nuit du 8 au 9 décembre, continuation des travaux de sapes et commencement de la nouvelle tranchée. Pour protéger ces différents travaux, un peloton de la 24ème Compagnie est maintenu pendant la nuit au renfort dans le secteur.

9 décembre 1914

Ordre est donné au général GAILLOT de poursuivre l’action engagée le 8 décembre, pour pousser sa première ligne à la voie ferrée Grenay (62)-La Bassée (59), mais le brouillard empêche l’artillerie d’agir efficacement. Des patrouilles découvrent de nombreuse tombes dans les tranchées évacuées par l’ennemi, près du Puits noir et à l’ouest de la route Auchy (Auchy-les-Mines (62)) – Vermelles (62).

10 décembre 1914

Les reconnaissances d’avions signalent, outre les tranchées de Carrières-de-Haisne (Haines (62)) et Loos (Loos-en-Gohelle (59)) déjà repérées le 8 décembre, de nouvelles tranchées à l’ouest de Hulluch (62), à l’est de Rutoir (Vermelles (62)) et entre Mercatel (62) et Hendecourt (Hendecourt-lès-Ransart (62)). Une ligne de batteries s’étend de Bailleul (Bailleul-Sir-Berthout (62)) à Tilloy (Tilloy-lès-Mofflaines (62)) par Athies (62) . Une autre ligne s’étend de Blairville (62) à Adinfer (62) par Hendecourt (Hendecourt-lès-Ransart (62)).
Les attaques commencées le 8 décembre devaient se poursuivre, mais le brouillard empêche à nouveau l’artillerie de régler le tir. Les opérations sont donc suspendues.

11 décembre 1914

Les unités du 295ème continuent à se fortifier et à faire les travaux d’approche.

12 décembre 1914

L’attaque sur la voie ferrée est reportée à une date ultérieure, en raison de changements dans la répartition des troupes sur les secteurs.

13 décembre 1914

Ordre est donné de continuer les opérations et travaux entrepris dans la Division. Rien de particulier pour le Régiment.

14 décembre 1914

Tout le 5ème Bataillon est au repos dans les corons d’Annequin (62). Le 6ème Bataillon est dans les tranchées.

15 décembre 1914

Rien de particulier.

16 décembre 1914

L’ordre des opérations de cette journée a pour objectif de rejeter l’ennemi au-delà de la voie ferrée La Bassée (59)-Grenay (62). Le 295ème RI est prévu en première ligne. Le Général MAISTRE a donné pour consigne que les soldats soient prêts à 6h30 et ne fassent pas de bruit. L’heure de l’attaque est prévue pour 8 heures. Il est aussi recommandé à la compagnie de droite du 295ème de ne pas marcher trop vite, pour ne pas tomber sous le feu du 280ème, car les deux bataillons d’attaque marchent dans deux directions perpendiculaires. Cette précaution sera inutile, ce sera quand même l’hécatombe. Le Lieutenant-colonel PERRON fait ainsi la relation de l’exécution de l’attaque :

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Pertes subies : 39 tués, 58 blessés, 1 disparu
Robert GONIN est ce disparu.

Parcours du 295 RI
Cliquez sur la carte pour suivre le parcours du 295ème RI

Sources

2 commentaires sur “295ème RI

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