134ème RI


Insigne 134ème RI 2Casernement en 1914 : Macon, en Saône-et-Loire et Dijon en Côte-d’Or

Affectation : 29ème Brigade d’Infanterie, 15ème Division d’Infanterie, 8ème Corps d’Armée


Le Régiment embarque à Macon (71) dans la soirée du 5 août 1914, sous les ordres du colonel PERRIN. Louis Augustin JAULT, Joseph COUDANT, Auguste LENOIR et Louis GAGNAT sont à bord du train. Jules BONNET rejoindra le Régiment le 3 septembre 1914, Félix DIETRICH le 20 décembre de la même année et Edmond DÉBATISSE la veille pour le quitter le 31 mars 1915. François Agnan MAGNI arrivera au corps de ce régiment le 13 avril 1915 à la suite de son service et le quittera le 17 juillet 1917 à cause d’une blessure.

Composition du régiment au jour du départ

6 au 9 août 1914

Le débarquement a lieu le 6, dans la région de Chatel-Nomexy (88), zone de concentration du 8ème Corps d’Armée.
La période du 6 au 9 août est marquée par une série de marches rendues très pénibles par la chaleur et la difficulté du ravitaillement. C’est l’époque de l’offensive de l’armée DUBAIL en Lorraine, on marche sur Sarrebourg (57), l’ennemi recule, l’enthousiasme grandit, la frontière est franchie le 17 dans l’après-midi.

19 août 1914

Le 19 août, le régiment s’installe au bivouac dans la soirée sur la rive gauche du canal de la Marne au Rhin, près du village de Hesse (57). A 21 heures il est alerté et, précédé du 56ème RI, il se porte sur Langatte (57) par une nuit très noire. La marche est extrêmement pénible, on arrive à Langatte (57) au petit jour.

20 août 1914 – Combat de Saint-Jean-de-Bassel (Moselle)

L’ennemi est très fortement organisé sur la ligne Dolvin-Gosselming-Saint-Jean-de-Bassel (57).
Le 56ème RI s’engage sur Gosselming (57). Un terrible fusillade éclate. Les 3 Bataillons du 134ème se déploient à la lisière nord du Gabel Wald. Le 1er Bataillon (commandant COTTIN) progressant dans le Gabel Wald malgré une fusillade intense, attaque Saint-Jean-de-Bassel qu’il ne peut enlever. Le 3ème Bataillon (commandant BERNARD) le renforce. Le 2ème Bataillon (commandant PORTERET) à droite, se porte dans le bois du Commandeur. Nos hommes sont admirables de courage et d’allant, mais les mitrailleuses ennemies dissimilées le long des lisières rendent impossible toute avance. L’artillerie allemande fait rage. Les deux Régiments de la Brigade, malgré leurs héroïques efforts, ne peuvent se rendre maîtres de la ligne de défenses bétonnées, organisées depuis longtemps et devant laquelle l’ennemi nous a attirés. Les Allemands, voyant notre arrêt, veulent passer à l’offensive, mais le Régiment offre une défense acharnée. Cependant, ordre est donné de se replier par échelons sur Langatte (57), Kerprich-aux-Bois (57) et Ibigny (57).
Le baptême du feu que le Régiment vient de recevoir et qui lui coûte 10 officiers (dont le capitaine PERNOT blessé) et 400 hommes (dont Louis Augustin JAULT), commence la longue et glorieuse série des durs et héroïques combats que le 134ème va livrer pendant la Grande Guerre.
Le Régiment suit le mouvement de retraite générale qui doit amener le 8ème Corps (Armée DUBAIL) sur ses positions de couverture, à l’ouest de la Mortagne.

24 août 1914

Le 134ème RI met en état de défense les bois de Beau-Chenôt et de Vennezey, au nord de Damas-aux-Bois (88), puis il se porte sur Saint-Boingt (54) et Essey-la-Côté (54) où il bivouaque. Ordre a été donné d’enlever Rozelieures (54), occupé par l’ennemi, le lendemain.

25 août 1914 – Combat de Rozelieures (Meurthe-et-Moselle)

Au petit jour, le Régiment se porte résolument à l’attaque. Sous le feu de l’ennemi, Les Bataillons franchissent l’immense prairie dominée par le village, atteignent l’Euron, ruisseau marécageux au pied du village et pénètrent dans Rozelieures (54). L’ennemi résiste et des combats s’engagent au corps à corps dans les rues, les maisons, les vergers. L’ennemi recule sur la partie nord du plateau, mais déclenchent une contre-attaque sur la partie ouest. Le 134ème RI arrête la progression de l’ennemi dans le village et ses tirailleurs tiennent en respect des groupes allemands qui s’infiltrent dans la vallée de l’Euron. Mais à 8h, le Régiment reçoit l’ordre de se reporter sur Saint-Boingt (54). Le mouvement s’effectue sous un tir effroyable de l’artillerie ennemie et avec de grosses pertes.
Bilan – Tués ou blessés : 15 officiers – 1.300 hommes

26 et 27 août 1914

Le 134ème RI se reconstitue en partie, grâce à un renfort de plus d’un millier d’hommes. Mais il est trop tard pour Joseph COUDANT. Grièvement blessé la veille lors des combats de Rozelieures, il décède ce 26 août à l’ambulance n° 5, 32ème Division, 16ème Corps Manonville.

28 août 1914

Le 134ème RI reste en réserve sur ses emplacements de la veille, à Giriviller (54).

29 août 1914

Le 134ème relève le 56ème aux avant-postes.

30 et 31 août 1914 – Combats sur la Mortagne – Magnières

Une reconnaissance est poussée par le 2ème Bataillon sur le village de Magnières (54), mais se heurte à des défenses accessoires et il ne peut franchir la Mortagne. Le lendemain, Le Régiment reçoit l’ordre dans la soirée, d’attaquer Magnières, mais l’action échoue. Le capitaine DALLEMAGNE, commandant de la 6ème Compagnie tombe sous les balles. Les hommes ne peuvent franchir le pont.

1er et 2 septembre 1914

Le Régiment est parti occuper les abris créés à 1500 m à l’est de Mattexey (54).

3 septembre 1914

Le Régiment est réorganisé, 2 compagnies sont supprimées, le colonel PERRIN est relevé de son commandement. Le Régiment quitte Mattexey (54) pour Vennezey (54).

4 au 11 septembre 1914

Le Régiment reste en réserve à Vennezey (54).

12 septembre 1914

Le colonel SANDA est nommé au commandement du 134ème RI.

13 et 14 septembre 1914

La poursuite de l’ennemi est stoppée et les Bataillons se rendent à Haillinville (88), où ils cantonnent, en vue d’un prochain embarquement.

15 septembre 1914

Le Régiment embarque à Charmes (88).

16 au 18 septembre 1914

Le Régiment est transporté à Saint-Mihiel (55), via Mirecourt (88), Vézelise (54), Pont-Saint-Vincent (54), Commercy (55), Lérouville (55). Il loge à la caserne Négrier jusqu’au 18 septembre.

19 septembre 1914

Le 1er Bataillon va cantonner à Lérouville (55). Les 2ème et 3ème Bataillons ainsi que l’EM vont cantonner à Sampigny (55).

20 septembre 1914

Embarquement des Bataillons depuis leur lieu de cantonnement et débarquement du 1er Bataillon à Sainte-Menehould (51), du 2ème, du 3ème et de l’EM à Villers-Daucourt (Châtrices (51)).

21 et 22 septembre 1914

Un détachement comprenant 4 capitaines, 8 lieutenants ou sous-lieutenants et 500 hommes rejoint le Régiment à Verrières (51). Du matériel est également acheminé.

23 septembre 1914

Le Régiment quitte Verrières (51). Le 1er Bataillon et l’EM vont cantonner à Rignaucourt (Les Trois-Domaines (55)), le 2ème à Mondrecourt (Les Trois-Domaines (55)) et le 3ème à Issoncourt (Les Trois-Domaines (55)).

Le Régiment se rend à Dompcevrin (55), dans le but de traverser la Meuse et de se porter à l’attaque de Saint-Mihiel (55), occupé par les allemands.

29 septembre 1914

Le Régiment reçoit l’ordre de cesser le mouvement de passage de la Meuse et de se diriger en voiture sur Ménil-aux-Bois (55), via Lahaymeix (55), Courouvre (55), Pierrefitte-sur-Aire (55), Nicey-sur-Aire (55). Le 134ème RI se dirige ensuite sur Lérouville (55), où cantonne le 3ème Bataillon. Le 1er cantonne à Boncourt (Boncourt-sur-Meuse (55)) et le 2ème à Pont-sur-Meuse (55).

30 septembre 1914 – Combats en forêt d’Apremont – La Redoute du Bois Brûlé

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, le Régiment relève la 31ème Brigade à La Louvière et au Bois Brûlé. Il y restera jusqu’au 24 novembre, livrant des combats acharnés, écrasé par l’artillerie ennemie, et soumis au feu meurtrier des engins de tranchée. Il a à ses côtés le 29ème RI et le 95ème RI.

1er au 14 octobre 1914

Attaques et contre-attaques pour reprendre le terrain perdu sont le lot quotidien. Bombardements intenses, de la part de l’artillerie allemande, sur le Bois Brûlé. Pertes sensibles.

15 octobre 1914

Au petit jour, l’ennemi lance un nouvel assaut. Le soldat GRANDJEAN, 1ère Compagnie et son camarade THOMAS occupent un poste de liaison avec une compagnie voisine. Un officier allemand bondit sur eux. THOMAS succombe. GRANDJEAN tue l’officier d’un coup de fusil à bout portant. D’autres ennemis s’approchent, mais cinq d’entre eux sont abattus et le poste résiste jusqu’à la contre-attaque française.

16 au 18 octobre 1914

Fusillades nourries sur le front, sans mouvement de part et d’autre.

19 octobre 1914

Violente canonnade sur le front de la 10ème Compagnie, qui se porte en avant pour reprendre aux allemands les tranchées perdues. L’attaque du 134ème réussit, une tranchée est reprise. Une autre tranchée sera reprise dans la journée. C’est un nouveau gain de 80 mètres.

20 octobre 1914

Préparation d’attaque.

21 octobre 1914

A 5 heures, la 10ème Compagnie du 134ème, avec une compagnie du 95ème font un mouvement en avant et gagnent une cinquantaine de mètres.

22 au 25 octobre 1914

Le Régiment reçoit du linoleum pour tapisser les tranchées et les rendre étanches.

26 octobre 1914

Le lieutenant-colonel MATHIEU prend le commandement du 134ème RI. Le Régiment reçoit un renfort de 100 hommes.

27 au 31 octobre 1914

Rien à signaler. Les journées sont faites de fusillades, canonnades et bombardements.

1er et 2 novembre 1914

Fusillades très vives sur le front du 3ème Bataillon. Les 1er et 2ème Bataillons sont à Pont-sur-Meuse (55) et effectuent des travaux de fascinage.

3 et 4 novembre 1914

La ligne a dû marquer un mouvement de recul de 150, m suite à une attaque allemande. Les attaques nocturnes pour reprendre le terrain perdu échouent.

5 novembre 1914

Le 3ème Bataillon du 134ème et le 1er du 95ème sont fortement attaqués. Les mitrailleuses du 134ème sont endommagées.

6 novembre 1914

Préparatifs d’attaque.

7 novembre 1914

Aucun incident n’est signalé dans le JMO. Pourtant ce jour-là, Jules BONNET est blessé par balle dans la partie droite du dos, dans le bois de Louvière. Il sera transporté à l’Hôtel-Dieu de Lyon (69), où il décédera un mois et demi plus tard, le 21 décembre 1914.

Parcours 134RI
Cliquer sur la carte pour suivre le parcours du 134ème RI

A suivre …


Sources

http://chtimiste.com

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

https://gallica.bnf.fr

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