10ème BCP


insigne 10 BCP

Casernement en 1914 : Saint-Dié (Saint-Dié-des-Vosges), dans les Vosges

Affectation : 86ème Brigade d’Infanterie, 43ème Division d’Infanterie, 21ème Corps d’Armée


Le 31 juillet 1914, à 7 heures du matin, le 10ème Bataillon, le « bataillon du drapeau », comme on se plaisait à le nommer, car c’était à lui que revenait en principe l’honneur de la garde du drapeau des chasseurs, quitte le quartier, sous les ordres du Chef de Bataillon EVENO. Trois compagnies et la section de mitrailleuses se portent sur Vanifosse (Pair-et-Grandrupt (88)), deux compagnies et l’EM sur Neuvillers-sur-Fave (88) et une compagnie sur Ginfosse (Raves (88)).

Composition du régiment au jour du départ

1er août 1914

Le Bataillon est chargé de surveiller les débouchés des Vosges entre le Rossberg (Le Bonhomme (68)) et le col de Saales (La Grande-Fosse (88)) inclus, la ligne de retraite éventuelle étant sur le front : Saint-Dié (Saint-Dié-des-Vosges (88)) – Saint-Léonard (88).

2 août 1914

L’approche de l’ennemi est signalée venant des cols de Sainte-Marie (Sainte-Marie-aux-Mines (68)) et de la Cude (88). Le Bataillon reste sur ses positions, mais il est prêt à se porter sur Bertrimoutier (88) – Visembach (88).

3 au 9 août 1914

Rien à signaler

10 août 1914

Le Bataillon reçoit l’ordre de se porter à Gemaingoutte (88), où il cantonne.

11 août 1914

Le Bataillon va cantonner vers la cote 477, les Fermes Beauchimont (Lusse (88)) et Ménabois (Lusse (88)), à l’est de Provenchères (Provenchères-sur-Fave (88)).

12 août 1914

Le Bataillon se déplace sur Bourg-Bruche (67), pour rejoindre sa Brigade.

13 août 1914

Une reconnaissance est lancée vers la ferme Les Bois. L’Artillerie fait fuir l’ennemi. Les avant-postes occupent les environs de la ferme et les crêtes au nord de la Salcée (Ranrupt (67)), jusqu’à la cote 681.

14 au 16 août 1914

Le 10ème Bataillon a reçu l’ordre de couvrir le flanc droit de la colonne du 21ème Corps d’Armée, qui se rend sur Schrimeck (67). Le Bataillon s’y porte, via Waldesbach (67), Wildersbach (67) et Rothau (67). Le 15 août, le Bataillon reste en flanc-garde fixe pendant le combat de Saint-Blaise (Saint-Blaise-la-Roche (67)).

17 août 1914

Le drapeau est remis au Bataillon.

18 et 19 août 1914

Le Bataillon cantonne le 18 à Soldatenthal (alias Grand-Soldat, hameau de Abreschviller (57)) et le 19 à Vallerysthal (Troisfontaines (57)).

20 août 1914 – Combat à Vallérysthal (Moselle)

C’est le premier choc sérieux avec l’ennemi, dont l’artillerie se dévoile puissante. Malgré l’ardeur demeurée intacte, malgré les prouesses individuelles, il faut se résoudre à interrompre la progression et à prendre part, bientôt, au repli général. Un tiers du bataillon déjà a été mis hors de combat. Il manque à l’appel : 3 officiers, 520 hommes de troupe ou sous-officiers.

21 août 1914

La rage au ventre, le Bataillon repasse la frontière.

22 août 1914

Le Bataillon occupe le bois de la Haie de Traçay.

23 août 1914

Il s’accroche aux troupes de Badonviller (54) et de Pexonne (54). Mais l’ordre arrive de reculer encore et c’est au sifflement des balles allemandes qu’il traverse la Meurthe en hâte, à hauteur de Thiaville-sur-Meurthe (54).

25 août 1914 – Combat de Sainte-Barbe (Vosges)

Le flux envahisseur déferle du Nord avec rapidité. Le bataillon fera l’impossible pour y opposer un barrage, au débouché des bois. Debout, pour mieux voir, le commandant EVENO admire ses braves chasseurs tandis qu’ils s’élancent à l’assaut de la crête dominant le village, où déjà l’ennemi s’est installé avec ses mitrailleuses. « Oh !la belle attaque ! » s’écrie-t-il et presque aussitôt, blessé à mort, il emporte dans la tombe cette vision de toute sa vie. Les pertes sont cruelles, des hommes et des officiers ; pourtant la manœuvre en retraite s’exécute avec ordre.

26 août 1914

Un décret présidentiel du 25 août confère au Drapeau des Chasseurs à pied, la médaille militaire.

27 et 28 août 1914

Le Bataillon est en seconde ligne dans le ravin à l’est de Rambervillers (88).

29 août 1914

Un nouvel effort va être tenté, avec la coopération de tous les chasseurs du 21ème Corps, au col de la Chipotte (Sainte-Barbe (88)).

30 août au 4 septembre 1914 – Combat au col de la Chipotte (Vosges)

Durant 5 jours, une lutte aveugle, épique, se déroule sous la futaie où le Boche déjà s’est accroché et terré.
Le 30 août, le 10ème Bataillon se lance en un assaut d’une témérité folle, brisé presque aussitôt. Il faut se replier au bout de quelques instants. Les pertes sont d’environ 215 tué, blessés ou disparus.
Le lendemain, le Bataillon reçoit un renfort de 449 hommes (sous-officiers, caporaux et chasseurs).
Jusqu’au 4 septembre, la bataille se poursuit. Mais l’ennemi, déprimé par la résistance des nôtres, s’arrête et ne bouge plus, et dans le silence impressionnant des grands bois, il ne s’aperçoit pas que les chasseurs se dégagent de son étreinte menaçante, pour aller le retrouver sur d’autres théâtres de combats !
Le 4 septembre au soir, le Bataillon cantonne à Fremifontaine (88).

5 septembre 1914

Le Bataillon se rend de Fremifontaine (88) à Thaon (Thaon-les-Vosges (88)).

6 et 7 septembre 1914

Le Bataillon arrive à Voillecomte (52).

8 septembre 1914

Le Bataillon poursuit l’armée allemande et arrive à Vaucogne (10).

9 au 12 septembre 1914

La poursuite continue. Le 12, le Bataillon passe la Marne à Mairy (Mairy-sur-Marne (51).

13 septembre 1914

Il est à Bussy-le-Château (51). A midi, il entre avec le 1er Bataillon dans le village de Suippes (Somme-Suippe (51)), sans arrêt, sans hésitation, malgré le feu de l’artillerie adverse et, pour cette action, reçoit les félicitations chaleureuses du colonel OLIERIS, commandant la brigade bleue. Le capitaine de BOISHUE remplace le capitaine de MISSIESSY, blessé au combat, à la tête du Bataillon.

14 au 29 septembre 1914

Quelques jours de stabilisation dans cette contrée dénudée, où la lutte ressemble si peu à celle des jours précédents.

30 septembre 1914 – Attaque du Moulin de Souain

Le Bataillon prend part à l’attaque locale du Moulin de Souain (Souain-Perthes-lès-Hurlus (51)), mais son offensive est complètement arrêtée par les feux de l’artillerie et des mitrailleuses partant du Moulin et de la cote 160. Le commandant ROY prend le commandement du Bataillon.
Pertes : une quarantaine de chasseurs.

1er au 3 octobre 1914

Le Bataillon, de la Ferme des Wacques (Souain-Perthes-lès-Hurlus (51)), se rend à Saint-Hilaire-au-Temple (51), où il embarque le 3 octobre.

4 et 5 octobre 1914

Le Bataillon débarque à Saint-Pol (Saint-Pol-sur-Ternoise (62)) et va cantonner à Ligny (Ligny-Saint-Flochel (62)). Il se porte le lendemain soir sur Villers-au-Bois (62).

6 au 31 octobre 1914

Toute l’activité de la bataille se porte désormais vers le Nord, où s’amorce la fameuse « course à la mer ».

6 octobre 1914 – Attaque de Carency (Pas-de-Calais)

Le Bataillon prend pied dès le 6 au soir dans la partie basse du village. L’ennemi contre-attaque.
Trois fois en quatre jours, les Allemands sont chassés.

7 octobre 1914

Au petit jour, les deux compagnies de réserve sont refoulées de Carency (62), mais la nuit, le Bataillon parvient à s’emparer du village.

8 octobre 1914

Au soir, le 10ème Bataillon évacue à nouveau les maisons du village.

9 octobre 1914

Le 9, c’est le lieutenant GOUNAND qui, à la tête de la 3e compagnie, se jette sur la barricade à l’entrée du village et à coups de pétards de mélinite, progresse jusqu’à l’église.

Eglise Carency
Restes de l’Eglise de Carency

10 au 30 octobre 1914

Ces positions sont maintenues jusqu’au 30 octobre, avec attaque et contre-attaques permanentes. C’est pendant cette période que le drapeau des chasseurs reçoit la médaille militaire, à Gouy-en-Gohelle (Gouy-Servins (62)), le 20 octobre, des mains du général de MAUD’HUY, commandant la 10ème Armée.

31 octobre 1914

Le Bataillon est relevé de ses positions par le 52ème Bataillon de Chasseurs et va cantonner à Gauchin-Légal (62).

1er novembre 1914

Enlevé en camions, le Bataillon est amené à Poperinge (Belgique). Aussitôt débarqué, il reçoit l’ordre de reprendre une tranchée perdue le matin même, en avant de Saint-Eloi (Sint- Eloii – Belgique). La tranchée est reprise.

2 novembre 1914

Dure journée : devant la réaction ennemie, la gauche fléchit. Le capitaine PASDELOUP tombe ; le chasseur BRETHEREAU, de la 1ère Compagnie, va chercher son corps entre les lignes. Le commandant ROY, blessé lui-même, est sauvé par le sous-lieutenant LARQUIER, qui le ramène en arrière sous un feu nourri.

3 au 7 novembre 1914

Attaques infructueuses du château d’Hollebeke (Belgique). Des éléments de la 2ème Compagnie (sous-lieutenant SIGISBERT), s’accrochent aux lisières du parc et s’y maintiennent toute la journée du 3.
Avec la rigueur d’un hiver précoce, la vie devient très dure sous le climat brumeux de Flandre.

8 novembre 1914

Deux bataillons ennemis attaquent à la faveur d’un épais brouillard. Ils sont fauchés. 51 survivants se rendent : ce sont presque tous des étudiants engagés volontaires. Pourtant quelques assaillants réussissent à s’infiltrer entre des tranchées non continues que défend l’adjudant MOUGINOT avec la 3ème Compagnie, dont il a pris le commandement. Mais grâce au dévouement des CHAUSSIVERT, des LUQUET, des GIRARD, des DACHERY et de tant d’autres, pas un Allemand n’échappe.

9 au 14 novembre 1914

Le Bataillon participe à des combats à Voormezelle (Belgique).

15 au 24 novembre 1914

Le Bataillon relève des troupes anglaises près de Zonnebeke (Belgique) et participe aux combats du bois de Polygonenveld (Bois du Polygone – Belgique).

25 novembre 1914

Réduit à 400 hommes le bataillon reçoit, au bois du Polygone, près de 500 jeunes chasseurs de la classe 1914 avec le capitaine DELHOMME, à qui le capitaine GOUNANT passe le commandement.

26 novembre 1914

Le Bataillon est reformé à 6 Compagnies.

Nouvel Etat-major

27 novembre au 5 décembre 1914

Rien à signaler.

6 au 8 décembre 1914

Le Bataillon est relevé par le 121ème RI et va cantonner à Poperinge (Belgique).

9 et 10 décembre 1914

La bataille d’Ypres est gagnée. Après un séjour particulièrement pénible, c’est avec joie que le 10ème Bataillon de Chasseurs rentre en France. De Steenvoorde (59), le Bataillon se rend à Boëseghem (59), puis Hesdigneul (Hesdigneul-lès-Béthune (62)).

11 décembre 1914

Le Bataillon reçoit un renfort de 10 officiers et de 425 hommes de troupe.

12 au 16 décembre 1914

Le Bataillon reste cantonné à Hesdigneul (Hesdigneul-lès-Béthune(62)).

17 décembre 1914

Le Bataillon vient en cantonnement d’alerte à Nœux-les-Mines (62).

18 et 19 décembre 1914

Le Bataillon quitte provisoirement son cantonnement d’alerte de Nœux-les-Mines (62), pour aller à Petit-Sains (Sains-en-Gohelle (62)), mais y revient cantonner. Le 19, il cantonne à Petit-Sains (Sains-en-Gohelle (62)).

20 décembre 1914

Le Bataillon vient en 2ème ligne à Aix-Noulette (62).

21 décembre 1914 – Attaque de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais)

En Artois, c’est la crête de Notre-Dame-de-Lorette que l’ennemi veut tenir et il s’acharne contre cet objectif. De notre côté, la défense est âpre ; nous sommes mal reliés vers l’arrière et surtout nous avons à lutter contre un ennemi aussi tenace que le Boche lui-même : la boue. C’est dans ces conditions que le Bataillon, sous les ordres du commandant FAURY, prend le « secteur» le 21 décembre. Durant cette période d’efforts quotidiens, il n’est pas de journée qui n’ait eu son partage de difficultés, de labeur, de patient héroïsme.

22 décembre 1914

Cette journée de travail le long de la route d’Arras (62) à Angres (62) va coûter la vie à de nombreux hommes du Bataillon.

23 décembre 1914

Journée sans incident.

24 décembre 1914

Continuation des travaux d’aménagement. Le soir à 21 heures, l’ennemi ouvre une fusillade très vive, à la faveur de laquelle il essaie de jeter des bombes sur les tranchées du bois des boches. Quatre voitures automobiles transportant des canons révolvers et des mitrailleuses, se portent à hauteur des premières lignes allemandes. Toutes ces tentatives sont repoussées par le feu de nos sections.
C’est vraisemblablement lors de la soirée que Frantz DURAND a reçu la balle qui l’a tué. Sa mort a été déclarée à Aix-Noulette (62) en cette veille de Noël 24 décembre 1914.

Parcours du 10 BCP
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A suivre …


Sources

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