L’avant-guerre


A l’aube de la première Guerre mondiale, Charrin est une commune agricole paisible, qui compte un millier d’habitants (1014 exactement), soit 267 ménages, répartis entre le Bourg, le Quart, les Carrages, la Crapaudière, Tinjeat, la Crevée, les Montées, le Petit Bois, le Gâchat, Bussières, Millien, l’Oseraie, la Montée, les Arbelats, Cheuron, Bois-Billet, Avrilly, Bourgeon, Beaugonin, les Boulats et les Brosses.


Marie Adolphe LAVAIVRE, colonel à la retraite et propriétaire du Château de la Montée a, en 1913, cédé sa place de maire à Jean-Baptiste DUBUIS, qui a pour garde-champêtre, Etienne PINOT, habitant aux Carrages.


Les enfants du village ont pour enseignants, entre autres, les instituteurs Louis GARNIER et Paul MONTCHANIN.


Jacques MONNOT, facteur des postes, originaire de Saint-Aubin-les-Forges et qui a épousé en 1909 une charrinoise Marie TISSIER, est supervisé par Paul GARNIER, facteur-receveur.


L’entretien des routes et chemins est assuré par plusieurs cantonniers, François MORIN, qui habite au Bourg, Jean-Marie COUDANT, qui réside aux Arbelats, Noël LOREAU et Antoine MAITRE, qui habitent aux Boulats.
Le curé d’alors, l’abbé Hubert CHEVRIER, originaire de Cercy-la-Tour, a recueilli chez lui son petit neveu Gustave, dont s’occupe leur servante, Marie-Aimée LABORDE.


Le village a plusieurs commerces, une boulangerie tenue par la famille DURAND, une boucherie tenue par Emile GOUJEON, quatre épiceries tenues par les familles COUDANT, GILBON, LEBERT et THUAIRE, et deux auberges, une au Bourg, tenue par Antoine BOURRACHOT et l’autre aux Arbelats, tenue par Jean LAMY.


Les artisans ne manquent pas : un bourrelier, un cordonnier, trois charpentiers, un menuisier, six charrons, cinq maçons, deux maréchaux, quatre tailleurs et cinq sabotiers.
On peut leur ajouter une douzaine de bûcherons, qui trouvent souvent leur travail loin de Charrin, qu’ils quittent pendant les mois d’hiver pour louer leurs services jusqu’en Touraine.
Mais la majorité des hommes du village occupent des fonctions agricoles : fermiers, cultivateurs, laboureurs, journaliers ou domestiques. Les grosses fermes, comme Bois-Billet, Le Domaine d’Avrilly, Bourgeon ou Beaugonin, ne comptent pas moins d’une dizaine de personnes, entre les fermiers, leur famille et les domestiques.


Souvent pour un complément de ressources, des foyers charrinois accueillent des enfants (trouvés, abandonnés ou orphelins), placés chez eux par l’Assistance Publique de Paris. Le recensement de 1911 répertorie ainsi 83 de ces enfants, répartis un peu partout dans le village et ses écarts.
Quelques femmes louent aussi leurs services en tant que « nourrices sur lieu ». Elles quittent ainsi leur famille quelque temps, pour se rendre dans la capitale afin d’allaiter les nourrissons des familles de la nouvelle bourgeoisie.


Un certain nombre de jeunes gens sont sous les drapeaux. Comme les autres années, le traditionnel Bal des Conscrits a dû se dérouler en mars, à la Salle Bidolet.


Le printemps a été marqué par des élections législatives, qui se sont déroulées le 6 avril. Louis Henri ROBLIN a été élu avec 6 943 voix, devant Francis LAUR, 1 952 voix et HUGON, 1 539 voix.


Et puis est arrivé ce mois d’août 1914 et l’ordre de mobilisation.
Quatre années de guerre, 1914-1918, et rien ne sera plus comme avant à Charrin.
Beaucoup d’hommes du village seront blessés, certains mourront prématurément des suites du conflit. 69 hommes, de 19 à 44 ans, ne reviendront pas. Ils sont « Morts pour la France ».

          1911 – 1014 habitants                             1921 – 870 habitants

En 10 ans, la commune a perdu 14 % de sa population, mais surtout la répartition selon l’âge a beaucoup changé. Les habitants âgés de 0 à 19 ans représentent 30 % de la population, contre 45 % avant la guerre et ceux de 60 ans et plus représentent 27 % de la population, contre 12 % avant la guerre.

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