P comme Presse


La presse locale se fait l’écho du conflit, informe aussi les nivernais sur l’évolution des restrictions ou l’envoi des colis pour les hommes qui sont au Front ou pour ceux qui sont prisonniers. Mais on y trouve aussi des rubriques de cuisine et comme la vie continue dans les villages, les faits divers sont aussi présents. Voici quelques exemples trouvés dans « La Croix du Nivernais ».


RESTRICTIONS

Si aujourd’hui la consommation moyenne de pain d’un français est d’environ 150 gr par jour, au début du XXème siècle, cette consommation atteignait 900 gr par jour. La restriction sur le blé et les farines entraînant une restriction sur le pain lors du conflit, fut durement ressentie.
A partir du 1er mai 1916, les boulangers de la ville de Decize, près de Charrin, vendent le pain de deuxième qualité 2 fr 50 les 6 kilos.
En juin 1916, des circulaires du préfet de la Nièvre réglementent la fabrication de la farine et l’utilisation du blé.
En avril 1917, les blés, orge, seigle et sarrasin sont recensés et les cultivateurs ne peuvent conserver que 100 kilos de blé ou de toute autre céréale par tête, pour leur famille.
En juin 1918, le blé est absent du ravitaillement et la population de la Nièvre est avisée qu’elle devra manger du pain d’orge.

La plupart des recettes proposées alors, faisaient allusion à ce manque de pain.


FAITS DIVERS

Les malandrins sévissent, même en temps de guerre. Ainsi deux habitants de Charrin, Madame veuve BIDOLET et Monsieur Jean-Baptiste DUBUIS, sont victimes de vols en juin et juillet 1917.

Plus grave, le 23 janvier 1916, le jeune Emile BOUTONNET (et non CANTONNET comme indiqué dans le journal) est grièvement blessé de plusieurs coups de couteau, lors d’une rixe avec un nommé Paul GERMAIN. Tous deux étaient des enfants assistés de la Seine, placés dans des familles charrinoises.

Avec le dossier d’enfant assisté de la Seine de Paul GERMAIN, nous apprenons que l’auteur des faits a finalement été condamné à 2 mois de prison avec sursis, grâce à l’intervention du directeur de l’agence de Luzy, malgré la préméditation de son geste et qu’il partira pour l’Isère retrouver ses parents nourriciers, très attachés à lui et qui ont proposé de « veiller sur lui très étroitement ». L’interrogation des témoins nous apprend que Louis BAUDIN mon arrière-grand-père était présent lors de l’agression et que les jeunes gens n’ont pas provoqué Paul GERMAIN.
Emile BOUTONNET, quant à lui, fait partie des poilus de Charrin qui sont revenus vivants du conflit.

Pour en revenir à l’agresseur, qui sait, peut-être a-t-il trouvé en face de lui, lors de son jugement, parmi les jurés, un habitant de Charrin. En effet, le monde étant petit, Jean-Baptiste DUBUIS, qui sera victime de vol un an plus tard, faisait partie de la liste des jurés, pour la cession des Assises qui s’ouvrait en mai 2016 à Nevers.


ARTICLES INSOLITES

Alors que le conflit fait des millions de morts et qu’à l’arrière, les restrictions se font de plus en plus dures, certaines préoccupations peuvent paraître dérisoires, comme la contestation du prix des cigarettes ou l’astuce pour envoyer des œufs aux soldats et prisonniers.

D’autres articles relèvent presque du cynisme, comme la légère diminution du nombre de plats servis dans les restaurants ou la demande d’envois de bâtons pour les blessés, au lieu de cannes considérées comme trop confortables.

3 commentaires sur “P comme Presse

    1. Oui Christelle, je ne m’attendais pas, en écrivant cet article et en fouillant un peu sur ce fait divers, à découvrir que mon arrière grand père avait assisté à la scène. J’avais trouvé ce portrait dans les photos de mon arrière grand mère sans savoir vraiment pourquoi il s’y trouvait.

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